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Informations et histoire du golf


Quel est ce sport  de fou ?

Golf : sport d'origine écossaise, consistant à réaliser un parcours en tapant le moins de coups à l'aide de clubs pour envoyer la balle dans une succession de trous qui représentent autant d'étapes.

 

Histoire du Golf ( source www.golfika.com)

Aujourd'hui encore, il est extrêmement difficile de dire quelles sont les origines profondes du jeu de golf. Plusieurs thèses s'opposent et chacune possède ses zélateurs et ses détracteurs - tous éminents. Nous nous contenterons d'indiquer ici que notre préférence va au jeu de mail - dont la chôle était peut-être déjà un précurseur - renvoyant le lecteur à des sources plus autorisées. Nous en donnons les principales références bibliographiques.

Le jeu de mail (encore appelé pall-mall). Pratiqué déjà en France au 16ème siècle le jeu de mail possède des règles et des attitudes de jeu qui ressemblent très fortement au golf. C'est pour ce jeu que nous connaissons les règles les plus anciennement imprimées : Lauthier 1717 (les deux gravures ci-contre en sont extraites).


Plusieurs variantes existent. Celle qui ressemble le plus au jeu de golf est le "mail à la chicane", pratiqué en plaine. On y jouait encore au début du 20ème siècle vers Aix-en-Provence et Montpellier.
Les plus ardents défenseurs de cette théorie sont Harry B. Wood ("Golfing Curios and the Like", 1910) et plus récemment Fred Hawtree ("Triple Baugé. Promenade in Medieval Golf", 1996) qui montre également la méprise de R. Browning (cf ci-dessous).
 
La chôle (ou soule) était pratiquée surtout en Flandre et le Nord de la France. Peut-être y jouait-on également vers Angers. En tout cas, c'est une théorie séduisante que nous propose Robert Browning ("A history of Golf", 1955) : d'abord on possède des références qui indiquent que la chôle était pratiquée dès 1353 en Flandre. Ensuite, les Ecossais viennent soutenir les Français dans leur lutte contre les Anglais lors de la bataille de Baugé (1421). Ils auraient alors assisté à une partie de chôle. Par ailleurs, on se souvient que James 1er d'Ecosse avait interdit en 1424 la pratique du jeu de football et que James II, trente ans plus tard, en 1457, interdit la pratique du football et du golf. Ces interdictions avaient pour but d'éviter de distraire les archers de l'entrainement au tir. En tout cas, il est naturel de penser que le golf a pris une grande ampleur entre ces deux dates. Il était inutile de l'interdire en 1424. Il devenait nécessaire de le faire en 1457. Bref, ce développement se situe juste après la bataille de Baugé.

Ce jeu de chôle est toujours joué dans le nord de la France et en Belgique


Het Kolven. Au 14ème siècle, on pratiquait aux Pays-Bas un jeu qui présente lui aussi quelques similitudes avec le golf. On y joue sur un terrain non aménagé qui consiste à propulser une balle sur une longue distance en se donnant des objectifs à atteindre. Par ailleurs il est intéressant de noter des similitudes phonétiques entre "golf" et "kolven" (à noter que "chole" se prononçait vraisemblablement "kole" - comme il est d'usage, aujourd'hui encore dans le patois du Nord de la France, de changer le "ch" en "k"). Enfin, au 17ème siècle, les seuls golfs en Ecosse se situaient sur la côte Est, en face des Pays-Bas, pays avec lequel les échanges commerciaux étaient importants.
Un des plus anciens défenseurs de cette théorie est Robert Clarke ("Golf : A Royal and Ancient Game", 1875).  

D'autres jeux ? Une balle, un bâton, un objectif à atteindre ... Parce qu'ils sont mal connus, on se contentera de citer la paganica (chez les Romains) le shinty (en Amérique du Sud), le ti-khi (au Laos) sorte de mail rituel ...   

 

 



LE GOLF EN ECOSSE

Sans que cela soit incontestable, il semble que la particularité du jeu de golf face à ses précurseurs soit l'invention du trou. En effet, tous les jeux que nous venons de citer consistent à toucher une cible (un arbre, un poteau, une porte ...) et non pas de faire pénétrer la balle dans un trou.  
En revanche, il est indéniable que c'est en Ecosse que le jeu s'est réellement développé sous une forme très proche de celle que nous connaissons aujourd'hui.  

 

La première référence écrite est celle de 1457 : James II interdit la pratique du football et du golf (cf ci-dessus).

 

A partir du 18ème siècle une structuration émerge : les premières règles écrites apparaissent à Saint-Andrews le 14 mai 1754 (elles seraient une reprise des règles écrites dix ans avant à Leith). Le premier club est officiellement créé en 1764 : the "Honorable Company of Edinburgh Golfers".

St Andrews

 

 

Histoire du golf écossais, Malcolm Campbell
Ce jeu, royal et ancien, était fleurissant sur les parcours d'Écosse bien avant que l'on reproche sévèrement à Marie Reine d'Écosse d'avoir irrespectueusement joué au golf Seton House, peu de temps après le meurtre de son époux Lord Darnley, en 1567. Le golf a été joué à St-Andrews avant la fondation de son université en 1411, et il y a suffisamment d'évidence pour croire qu'il existait sous une forme ou une autre peut-être bien un siècle auparavant.

Quoique d'autres nations, tels les Français et les Hollandais, en réclament le concept, l'origine du jeu est inscrite dans les livres de record d'Écosse. Les Hollandais ont cité le jeu de bâton et balle «Kolven» comme preuve de leur requête, les Français le jeu de mail. Dans chaque cas, les protagonistes ont été traités d'imposteurs puisqu'il leur manquait la composante rendant le golf sans pareil, le trou.

Le golf est unique en ce sens, que sur un parcours semé d'obstacles disposés pour rendre la tâche difficile, l'objectif est de projeter une balle dans les airs jusqu'à un point où elle terminera sa course sous terre. Le trou constitue donc l'élément vital séparant le golf des autres jeux de balle et bâton.


Le golf était, en Écosse, un passe-temps national, plus de 400 ans avant que le prétendant Charles Édouard soit vaincu à Culloden en 1746, et avant, une autre défaite infamante aux mains des Anglais, alors que les Écossais perdaient leur roi à la bataille de Flodden en 1513.

De fait, les historiens n'ont pas eu de difficulté à démontrer que le golf avait été un facteur déterminant dans ces deux défaites sanglantes.


A Flodden, les Écossais n'avaient pas été de taille avec les archers Anglais, lors de leur premier assaut, et avaient été mis en déroute. Le roi Jacques II d'Écosse avait été tellement préoccupé, 50 ans auparavant, par l'interférence néfaste du golf avec la pratique du tir à l'arc qu'il en avait banni la pratique dans un acte parlementaire en 1457. Cet acte constitue la première référence documentée du jeu d'aujourd'hui. Le golf sera à nouveau banni par Jacques III en 1471.

Mais, les Écossais n'observent pas l'interdiction et la pratique du tir à l'arc continue de décliner. D'autres interdits sont introduits pour être aussi largement ignorés. Ainsi, à la bataille de Flodden, l'habileté à frapper de longs coups fuyants n'est pas un substitut à la prouesse des archers. L'habileté nationale pour le golf s'était développée de façon proportionnelle à celle du déclin des archers.
L'origine du golf demeure un mystère. C'est un sujet qui a mis à l'épreuve le jugement et les études d'éminents chercheurs, mais pour lequel, aucune évidence irréfutable n'a été trouvée. Une théorie, aussi valable que nombre d'autres énoncées, serait que des pêcheurs de la côte Est de l'Écosse auraient inventé le jeu pour s'amuser alors qu'ils revenaient de leur bateau vers la maison.

Quoi de plus naturel pour un jeune pêcheur, déambulant le long d'interminables étendues gazonnées, entre les dunes de sables, de prendre un bâton de bois d'épave courbé et de frapper un caillou ? En frappant le caillou à l'avant, son instinct de compétition voudra qu'il le frappe à nouveau pour voir s'il peut l'envoyer plus loin.




Lorsque le caillou roulera dans une cavité sablonneuse, où les moutons se mettent à l'abri des vents glacials, il entreprendra de jouer dans les premières fosses de sable. Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour développer une scène de jeu, où des pêcheurs compétitifs joueraient sur un parcours depuis les bateaux jusqu'au village et finiraient chaque fois au même point, peut-être près de l'auberge. Si le caillou tombe dans un trou de lapin lors de la dernière frappe, alors, le jeu de golf est inventé et les précurseurs du 19e trou également.

Savoir où le jeu a débuté en Écosse n'est que conjecture. Les premières évidences du golf en Écosse se trouvent dans le dossier des sessions de la cour de Kirk du 16e et du 17e siècle. Dans plusieurs parties de la côte Est écossaise, des paroissiens sont punis pour avoir joué au golf à l'heure du sermon. A St-Andrews en 1599, des mécréants sont mis à l'amende pour de petites sommes, après les deux premières offenses, ils sont envoyés au «pilier du repentir». Par la suite, les inculpés sont dépourvus d'office, excommuniés.

Durant le 16e siècle, le jeu s'établit sur la côte Est de l'Écosse et commence à se répandre fortement.
Entre-temps, le jeu gagne le respect de la bourgeoisie dans le pays et est certainement joué par Jacques VI d'Écosse bien avant qu'il n'accède au trône anglais en tant que Jacques I en 1603.


Mais l'engouement royal pour le jeu remonte encore plus loin. Quoique le roi Jacques IV, petit fils du roi écossais tente de le bannir, le golf s'étend, au début du 16e siècle, à l'intérieur du pays jusqu'à Perth, et est joué aussi loin au nord que Montrose.

Jacques IV, lequel tente d'arrêter les Écossais de jouer au golf, se convertit à son tour au sport. En 1501, son trésorier paie 14 shillings un artisan de Perth pour l'achat de bâtons. Par la suite, une série de factures sont payées par les coffres royaux pour des balles de golf, et même pour des paris perdus. Un compte-rendu du trésor royal démontre que le roi aurait payé au comte de Bothwell, 14 shillings, pour un pari perdu sur un des terrains de golf.
C'est l'influence royale qui permet de promouvoir le jeu dans le pays et, finalement, de l'exporter ailleurs. Les premiers centres de golf ont tous des associations avec la royauté ou, dans le cas de St-Andrews, deux autres piliers d'influence de la communauté écossaise, soit l'éducation et l'Église. St-Andrews est le plus ancien siège de l'éducation écossaise et est aussi une puissante forteresse de l'Église.
La capitale écossaise, Édimbourg, est le siège social de la cour et les terrains de golf fleurissent autour de la ville aidés par le patronage royal. Mais il y a aussi des palais à Dunfermline et Perth, et là aussi, se développe de forts liens avec le golf. L'évêque de Galloway a le crédit d'avoir promu le jeu dans le sud-ouest du pays, probablement via ses contacts avec la cour. Le marquis de Montrose est un autre ardent joueur et il pourrait fort bien être responsable que la ville ait prématurément son parcours de golf. Au début du 17e siècle, le golf est activement recherché du sud-ouest du pays jusqu'au nord dans des endroits aussi éloignés et venteux que l'archipel des Orcades.

En dépit de sa popularité, il faut 150 ans d'efforts pour développer l'organisation du golf. Les premières agitations pour une structure formelle prennent naissance pendant le 17e siècle alors qu'une série de règles est établie et universellement acceptée.



La première association, pour laquelle des preuves existent, est celle des Gentilshommes Golfeurs de Leith «Gentlemen Golfers of Leith», qui devient plus tard, l'Honorable Compagnie des Golfeurs d'Édimbourg «Honorable Company of Edinburgh Golfers», créée en 1744, lorsque la première balle reliée à un bâton d'argent est donnée par le conseil municipal d'Édimbourg.
En dépit de sa popularité, il faut 150 ans d'efforts pour développer l'organisation du golf.

Le premier vainqueur, John Rattray, est déclaré capitaine du golf et s'implante une tradition voulant que le gagnant du bâton d'argent soit nommé le capitaine du club l'année suivante.

C'est ainsi que le capitaine du Royal et Ancien Club de Golf de St-Andrews, maintenant élu par un comité d'anciens capitaines, devra faire ses preuves lors de l'inauguration de la compétition automnale pour la médaille du club en septembre. Afin de préserver la tradition voulant que le capitaine soit le gagnant, il est le seul compétiteur de l'événement et devient vainqueur dès qu'il a frappé. Un coup de canon annonce le début de la compétition, de même que la victoire du capitaine. On remet un souverain d'or au caddie rapportant la balle du capitaine après son coup de départ.
Le St-Andrews est proclamé au titre de Royal et Ancien en 1834.


Le Royal et Ancien acquiert son bâton d'argent en 1754, comme Société des Golfeurs de St-Andrews, mais est proclamé au titre de Royal et Ancien par le roi William IV en 1834.

Le golf connaît une évolution importante en Écosse, à la fin du 19ième siècle, avec la construction de nombreux nouveaux parcours. Le développement du chemin de fer influencera la popularité du jeu, mais l'apparition de la balle gutta percha vers 1880, sera le principal facteur de l'engouement populaire du golf en Écosse et ailleurs.
Jusque-là, une petite poche de cuir laborieusement remplie de plume d'oie bouillie servait de balle. Elles étaient dispendieuses à produire, facilement endommagées et peu de gens pouvaient se les offrir.

L'arrivée de la balle gutta, faite de caoutchouc pouvant être chauffé et transformé en balle, révolutionne le jeu et lui permet de s'étendre aux foules. Les premiers clubs sont autant des places pour manger et boire quantité de vin rouge que la saine poursuite du golf. Ce n'est pas une coïncidence que le trophée du championnat d'ouverture soit un pot à vin et, il serait difficile de trouver une exception à la règle voulant que la majorité des clubs de golf ait été formée de petits groupes semblables rassemblés dans des établissements de toutes sortes pour manger et boire. Les clubs formés, les membres peuvent facilement combiner leurs appétits pour les trois activités.

Le golf à Charlottetown au Canada, vers 1928. Remarquez le monticule de sable érigé en guise de tee et le bac de sable sur lequel s'appuient les femmes.

Le « Reddy Tee », fait en celluloïd blanc par la Nieblo Manufacturing Company, a été breveté au Canada en 1924.

  Au début du golf, avant la prolifération des divers types de bâtons, on frappait la première balle sur un petit monticule de sable qui tenait lieu de tee. Des bacs de sable étaient fournis pour remplir le trou après le lancer.

L'arrivée des tees en bois coïncide avec la normalisation de la balle au noyau en caoutchouc et de l'industrialisation des balles et des bâtons de golf. Les tees, fabriqués pour la première fois en 1921, sont rapidement apparus en une grande variété de styles et de matériaux. Bien qu'il en existe en plastique, les tees en bois semblables à ceux des années 1920 demeurent les plus utilisés aujourd'hui
 

HISTOIRE DE LA BALLE
Les tout premiers projectiles, de ce qui n'était pas encore connu comme étant le jeu de golf, étaient en bois. Ce n'est qu'à partir de 1600 que le golf a vraiment pu être associé à une balle proprement dite. Importée des Pays-Bas, elle ressemblait à une petite bourse de cuir ronde, remplie de diverses matières. Cette dernière devait s'imposer jusqu'au milieu du XIXème siècle. La fabrication de la balle en cuir nécessitait la taille de peaux de taureau tannées très résistantes. Elles étaient découpées en trois ou quatre bandes ou lobes cousus ensemble puis retournés. Une petite fente était prévue pour remplir la balle. A l'époque, certaines offraient des finitions grossières, car elles contenaient souvent du poil, de la laine ou du gros fil.


Vers 1630, la bourse de cuir était presque exclusivement rembourrée avec des plumes de canard ou d'oie. Ces dernières étaient bouillies afin de les ramollir et de les rétrécir. Le cuir était trempé au préalable dans une solution dans de l'eau additionnée d'alun. Les plumes étaient ensuite introduites dans l'enveloppe étroitement cousue avec un fil à peine visible. En séchant, la peau se rétractait alors que les plumes prenaient du volume. La régularité de la balle était directement liée à l'habilité de l'artisan. Etant donnée la lenteur du procédé, ce dernier ne pouvait en produire que quatre à cinq par jour.

Les joueurs préféraient bien entendu utiliser des balles neuves et dures, et il est attesté que certaines furent propulsées à plus de 300 mètres. Cependant, elles résistaient mal à l'humidité: les plumes absorbaient l'eau ce qui alourdissait la balle et réduisait son efficacité. Pour les joueurs les moins expérimentés, un seul coup tapé avec la lame d'un fer, suffisait à en faire éclater les coutures. La balle en plume fut par la suite concurrencée par celle en gutta-percha (substance dérivée du latex), qui finit par la supplanter définitivement.


C'est en 1845 que le révérend docteur Paterson eut l'idée d'utiliser du gutta-percha, trouvé dans un carton d'emballage provenant d'Orient, afin de fabriquer une balle.

Dès le début des années 1840, les substances en caoutchouc, importées sous forme de rubans, avaient été testées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour un usage industriel. Cette nouvelle expérience incita le docteur Paterson à déposer un brevet s'appliquant à la fabrication d'une balle de golf. Une fois le brevet déposé, d'autres personnes revendiquèrent l'invention et, aujourd'hui encore, l'identification du fabricant de la première balle en gutta-percha soulève de nombreuses polémiques. Qu'elle qu'en soit l'origine, cette balle s'implanta peu à peu sur le marché et vers 1848, on l'utilisait sur bons nombres de parcours.

Les premiers essais furent assez déroutants. Les choses allèrent mieux lorsque l'on comprit qu'en martelant la surface de la balle, elle était beaucoup plus facile à contrôler. Les premiers spécimens en gutta-percha, ainsi façonnés, se firent connaître sous le nom de: " martelés à la main ". Au fil des ans, le procédé de fabrication ne cessa de s'améliorer et l'apparition de moules gravés élimina définitivement cette opération fastidieuse.

De nombreux fabricants investirent alors le marché, proposant différents modèles de balles, ornés de motifs divers. Les balles flottantes firent leur apparition. De nouvelles améliorations permirent par la suite aux joueurs de frapper leur balle pendant plus de six mois, ce qui représentait un progrès considérable. En effet, la balle souffrait depuis son origine du phénomène de fragmentation. Les règles étaient d'ailleurs explicites à ce sujet: " Si la balle se désagrège en plusieurs parties, une autre balle peut être déposée là où repose la plus grosse partie ".

Les balles en gutta-percha usagées étaient souvent restaurées par les golfeurs qui n'avaient pas les moyens de les remplacer. Pour les remodeler, on portait à ébullition les anciens morceaux jusqu'à ce que le mélange soit fluide. Avec des gants en cuir, il était possible de rouler à la main les blocs de gutta-percha ou de les placer entre deux planches. Pour les empêcher de coller, on rajoutait de l'huile de lin. L'opération se poursuivait jusqu'à l'obtention d'une sphère plus volumineuse que le modèle définitif, car en séchant, les balles rétrécissaient. Quelques semaines plus tard, elles pouvaient être peintes.







L'ère du caoutchouc

La balle dure en gutta-percha domina longtemps le marché mais fut ensuite remplacée par un modèle à noyau en caoutchouc, créé aux Etats-Unis. Coburn Haskell fut à l'origine de cette nouvelle balle, constituée de plusieurs mètres d'élastique entourant un noyau central en caoutchouc dur de la taille d'une bille, le tout étant revêtu d'une couche de gutta-percha.

Les premiers temps, elle suscita une certaine méfiance car, en dépit de sa fermeté, elle n'était pas aussi dure que les balles traditionnelles. Néanmoins son efficacité incontestable, conduisit les golfeurs à réviser rapidement leur jugement. La balle de golf moderne était née.

En 1902, Alex Herd remporta le British Open avec une balle conçue par Haskell. Dès lors, la plupart des firmes britanniques et américaines de pneus et de caoutchouc orientèrent leurs activités afin d'être les plus rapides à inonder le marché de millions de modèles identiques. En 1910, plus de cent cinquante fabricants proposaient leurs différents modèles de balles.

D'autres matériaux que le caoutchouc furent testés pour former le coeur de la balle tels que les noyaux liquides, les roulements à billes ou le mercure. Elle fut également recouverte de matières diverses, comme la ronce sauvage, ou ornée de motifs divers et variés en forme de mailles, de treillage, d'alvéoles ou de stries triangulaires. L'apparition de cette nouvelle balle entraîna divers réaménagements sur les links et les parcours. Les trous et les départs durent être reculés et de nombreux obstacles, principalement les bunkers de fairways, furent déplacés.

La matière de l'enveloppe changea, le gutta-percha étant remplacé par le balata, une gomme rigide extraite d'un arbre tropical et utilisée dans l'industrie pour la fabrication des courroies, des joints et des tuyaux.

En 1912, la Dunlop 31, la première de ces balles lourdes et fermes fit son apparition sur le marché. Son nouveau comportement dynamique permettait aux joueurs de l'expédier plus loin que dans le passé. Depuis, aucun fabricant n'a véritablement révolutionné le marché de la balle de golf. Cependant, l'apparition de nombreux matériaux nouveaux et les progrès dans l'étude des comportements aérodynamiques, améliorent sans cesse le touché et la portée des coups de golf. Il est à peu près certain que dans quelques décennies, les innovations technologiques permettront à un simple amateur de driver aussi loin qu'un Daly ou un Woods actuel.